Le 8 mars - Journée internationale de lutte pour les droits des femmes - est une étape de lutte décisive pour construire une société démocratique, d’égalité et de justice sociale. C’est aussi un temps fort de solidarité internationale pour réaffirmer notre soutien aux femmes qui se battent pour leurs droits en Afghanistan, en Iran, en Palestine, en Ukraine, au Soudan, au Venezuela et ailleurs.
En France, le budget d’austérité pour les services publics, adopté à coups de 49-3 va particulièrement toucher les femmes : fermetures de classes, de lits d’hôpital, suppressions de postes dans les collectivités… C’est à la fois en tant qu’usagères et en tant qu’agentes que les femmes vont subir les conséquences de ces choix politiques.
L’année « blanche » pour les salaires de la fonction publique va mécaniquement figer les inégalités salariales. Dans la fonction publique territoriale, l’écart de salaire en défaveur des femmes est toujours de 6,8%.
Cet écart s’explique par des grilles indiciaires moins avantageuses pour les cadres d’emplois des métiers les plus féminisés, le fait que les femmes prennent très majoritairement des temps partiels ou se voient imposer des postes à temps non-complet, et par la part croissante du régime indemnitaire dans la rémunération. La baisse de rémunération de 10% en cas de congé maladie, qui touche également les femmes enceintes, est un facteur aggravant.
En outre, l’usure physique et psychique, les troubles musculo-squelettiques, ou les cancers liées au travail des métiers exercés majoritairement par les femmes sont encore largement méconnus et minimisés. Pensés pour des secteurs comme le BTP, les tableaux des maladies professionnelles sont ainsi inadaptés à la réalité du travail féminin, caractérisé par des expositions multiples de faible intensité ou de courte durée aux risques, tout au long d’un parcours professionnel souvent discontinu. De ce fait, il existe une moindre reconnaissance et donc un défaut d’indemnisation.
De même, les difficultés associées à la santé sexuelle et reproductive des femmes sont encore sous-estimées voire ignorées dans le monde du travail.
90 % des femmes ont des douleurs de règles et syndromes prémenstruels mais elles sont contraintes par des organisations du travail non appropriées à s’adapter (difficulté d’accès à des toilettes/ pas de temps pour changer sa protection etc.). Une charge psycho émotionnelle invisible s’additionne aux pénibilités physiques (« faire bonne figure »).
Si de plus en plus de collectivités communiquent sur l’endométriose, il y a invisibilisation des autres pathologies liées à la vie hormonale et procréative des femmes dans la prévention.
Les moins 10 % sur les congés maladie atteignent de manière discriminatoire les agentes sur les temps d’arrêt pris autour des congés maternités ou de parcours PMA.
Remarques sexistes, remise en cause des compétences ou des avis, exposition à des affiches ou des fonds d’écran pornographiques... Sur les lieux de travail les femmes sont également victimes de violences sexistes et sexuelles : 80% des femmes sont confrontées régulièrement à des comportements sexistes au travail, plus d’une femme sur deux a déjà subi des violences sexistes ou sexuelles, une femme sur trois a déjà vécu une situation de harcèlement ou une agression sexuelle sur son lieu de travail, 5% des viols ont lieu au travail.
Les conditions de travail participent à l’absence de reconnaissance des métiers des femmes. Ainsi, les situations professionnelles des femmes (postes subalternes, carrières qui stagnent, temps partiel subi, précarité) les exposent à ces violences. Les liens hiérarchiques, la peur de perdre son travail, la violence des propos ou des actes peuvent pousser les femmes à se taire. Et lorsqu’elles parlent, leur parole n’est pas encore suffisamment prise en compte.
Pour la FSU Territoriale la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est un combat essentiel. La prévention des VSS au travail passe par la protection de l’emploi et de la carrière des victimes (aménagement d’horaires, de poste, des congés, la possibilité d’une mobilité fonctionnelle ou géographique choisie, la prise en charge médico-sociale et psychologique des victimes sans frais...). Elle passe aussi par la formation des professionnel-les, des représentant-es du personnel et par des campagnes de sensibilisation sur les lieux de travail.
Pour l’égalité, la FSU Territoriale revendique
- La refonte et l’amélioration des grilles indiciaires des cadres d’emplois majoritairement occupés par des femmes, en particulier les filières sociale et médico-sociale ;
- Une meilleure reconnaissance des pénibilités dans les métiers à prédominance féminine ;
- L’abrogation du jour de carence et de baisse de 10% de la rémunération en cas d’arrêt maladie ;
- La prise en charge de toutes les pathologies incapacitantes au travail comme l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques et adénomyose, les symptômes liés à la ménopause ou au fibrome ;
- Un congé hormonal ;
- La mise en œuvre des plans d’action « Egalité professionnelle » encore trop souvent manquants. L’axe 5 de ces plans d’action, qui traite spécifiquement des VSS, doit être financé à la hauteur des enjeux que représente l’objectif d’éradiquer cette violence au travail.
La FSU Territoriale appelle toutes les agentes et tous les agents à participer aux initiatives militantes organisées principalement les 7 et 8 mars, en soutien aux droits des femmes : débats, rencontres, défilés,...
Quelques lieux de manifestation en Nouvelle Aquitaine
Samedi 7 mars 2026
17 – Saintes : 10h30, rassemblement palais de justice. Rochefort : rassemblement à 15h, clos La Pérouse
19- Brive : place du théâtre a/c 9h : ateliers et débats
40- Mont de Marsan : manifestation à 14gh, place St Roch
79- Thouars, manif à 16h, place F. Roosevelt
Dimanche 8 mars 2026
17- La Rochelle à 14h manif quai du carénage
23- Aubusson à 14h, rassemblement à la gare routière
33- Bordeaux à 13h manif lace de la Victoire
47- Agen à 10h30 manif place des laitiers
64- Pau à 14h manif à la préfecture, Bayonne à 11h manif gare sncf
79- Niort de 10h à 13h village associatif place des Halles
86 – Poitiers à 10h30 manifestation place de Bretagne
87 – Limoges, conférences débat à partir de 10h30 à l’IF, 8 rue Charles Fide, à 14h manif place Jourdan








